etwas d'else

o s i e z   2 o 1 7 >> Résidence - expo au Château d'Aulteribe - avril

 

  plan  
  plan de l'installation texte de présentation


d d
coupole générative pygma 90 (l'accueilleuse)
c d py95
pygma 101 pygma 95 (la grande madone protectrice)
 d
pygma 100 pygma 98
d d jubarte
pygma 102 pygma 98 petite jubarte plongeante
f f      
pygma 99 pygma 96      

py103 py104 py105 py107 py108
pygma 103 pygma 104 pygma 105
(anne ma soeur anne)
pygma 107
(la courbe Comaneci)
pygma 108

 

carnet  

16 avril 2017

Prendre contact avec le territoire dévolu,
esquisser les premiers liens entre l'acquis (les expériences précédentes, le savoir-faire, la démarche)
& l'offert (les allées, le parc, le château, les gens, la liberté...)

je viens de comprendre ce qui fait l'appellation "artistique" :
ce n'est ni les objets produits, ni le savoir-faire, ni les grandes idées qu'on peut avoir,
mais cette liberté qu'on t'offre parfois & qui permet d'imaginer des choses auxquelles personne n'aurait songé sinon... (hyp.)

je fais un peu de la couture entre landArt & streetArt,
entre les arts savants & les arts populaires,
entre art & artisanat,
bref :
où en est l'idée de la jubarte plongeante ?

Ce que je fais, comme je le fais, implique aussi, lorsqu'on m'y invite, à devoir aussi un peu "faire le clown"
(jouer le rôle de l'artiste !)
ah ! cette notion de Grand Public ! wff !
c'est un peu épuisant quand même, d'improviser des réponses & des esquisses de discussions avec des dizaines de personnes qui défilent, s'intéressent, questionnent...
d'être à la fois en train de faire & de commenter à des gens, des enfants, des anciens, des touristes... à chaques fois des personnes différentes... c'est passionant mais c'est un autre métier...

Prendre contact avec le territoire ça commence dès le matin à observer les régimes du vent, puis peu à peu, ceux de la lumière, au fil de la journée (avril ici), tout en se laissant imprégner par l'ambiance sonore : la route qui passe presque au loin mais si proche & rapide, les zoziaux: un coucou, plusieurs piverts, une tourterelle & tous les autres... & aussi les humains.

lundi 17

Pygma 103 (la grimpeuse)
Parce qu'il y a une tour en pierre & un écriteau au pied qui dit " danger ! ne pas grimper sur le mur"
alors forcément. . .
Mais j'avais pas prévu qu'une fois installée à mi-hauteur de la tour, le vent risquât de la faire valdinguer dans tous les sens & de la retourner dos au mur. Heureusement que son attitude en araignée évite qu'elle ne ressemble à un pendu...

C'est lancé : la petite jubarte plongeante, idée qui me trottait dans la tête depuis des années.
Après tout une baleine c'est un peu à mi chemin entre une coupole & un corps humain... Ce qui les relie c'est qu'on reste à l'échelle 1/1, même si ça risque d'être un tout petit baleineau dont la queue mesure 3 ou 4 m.

jeudi 20

Pygma 104
elle risque d'être très belle, en saule noir du Drac dentelé de fin rotin...
Son nom secret c'est " la petite négrillonne de l'oncle René", en référence à un frère du marquis qui est parti aux colonies...
Mais la vraie histoire c'est que j'avais ramené l'Accueilleuse (pygma 90) dans l'idée de la placer dans la petite cour intérieure,
or elle s'est installée toute seule dans un parterre de fleurs jaunes à l'entrée du chemin & se trouve très bien là. Il me faut donc une autre accueilleuse pour le château...

vendredi 21

Ah ben mince ! sitôt délivrée & installée, la danseuse (pygma 96) se mue en meneuse révolutionnaire qui lève le poing pour inviter à prendre le château !?
C'est vrai qu'il y a cette double dimension : j'entends parler de fées, de princesses, voire de chevaliers & de troubadours, mais ce matin une promeneuse du village me soulignait que du temps des marquis, les gens d'ici n'aimaient pas trop le château, mais depuis qu'il appartient à la communauté, ils prennent plaisir à venir découvrir ce beau lieu...

D'autres bonnes conversations cette aprem, tandis que j'entreprends "Anne ma soeur Anne" (pygma 105), inspirée par le petit balcon supérieur de la façade, pour guetter l'horizon.

Un des rôles de l'artiste libre aussi, c'est de remettre en question des notions "évidentes" comme celle de la causalité :
En vrai la plupart des choses que j'entreprends ont de multiples causes qui se ramifient soudain pour prendre forme. Un peu comme des rigoles & ruisselets qui à un moment forment une rivière qui prend un nom...

mardi 25 de abrile

la pluie, le froid mais belle journée de tressage avec Anne & Anne-So dans l'atelier de sellerie.
Sitôt terminée pygma 105 j'entreprends la suivante : 106 ou "la danse du voile" suite à un rêve de Sophie, la princesse-guide, qui imaginait une longue traine qui ondulerait dans le paysage... Les saules ont perdu de leur souplesse, donc impossible d'entrer dans les détails du visage ou des mains... il faudrait changer d'échelle... d'où l'intéret du voile...

mercredi 26

Atelier public d'Anne : "faites votre nid", avec des enfants de 3 à 10 ans & des mères & grand'mères.
C'est intéressant de les voir faire & je me dis qu'il y a plusieurs dimensions que j'ai découvert en travaillant qui, avec la meilleure volonté d'Anne, passent complètement à l'as :
- le tri des branches, préalable essentiel
- la patience : en 1h30 d'atelier on assiste à une agitation fébrile & peu productive, encore exarcerbée parce que le moindre geste des enfants n'est qu'un prétexte aux mamans pour faire une photo sur leur smartphone, d'où impossible méditation.

Au final je pense aux oiseaux & je me dis qu'une petite bestiole qui a un cerveau gros comme mon ongle est beaucoup + intelligente à tresser un nid qu'une quinzaine de jeunes cerveaux humains réunis...

jeudi 27

Installation en site de "la flamenca & son voile" & de la guetteuse, tout là haut, grâce à Alain le magicien qui me guide dans les recoins secrets du château.
Puis sur une suggestion de Claude le jardinier j'essaie une forme pour une Topière qui prendre l'attitude d'une "courbe Comanecci" (pygma 107). Mais les saules sont fatigués & moi aussi, ce ne sera qu'une première ébauche.

samedi 29

Ironie du destin, après 15 jours de pluie & de froid, je me réveille tôt, suite à la soirée de vernisage de fin de résidence & il fait grand beau. Naturellement je m'offre un jour sup. de travail :
Ces superbes saules noirs qui trempent en attendant d'être utilisés, soit je les laisse pourrir, soit...
Une coupole sous les arbres-ateliers avec les + grands,
une autres avec les moyens, un peu + loin sur le chemin du parc à chevaux.
Faire des coupoles est tellement + limpide que des pygmae, j'ai l'impression de reconnecter avec les principes de base & aujourd'hui, grâce à ces saules noirs & ce jour surnuméraire, de chercher le secret de l'araignée.
D'ailleurs qq groupes passent & les enfants demandent si c'est un piège.
"Oui, un piège à enfants, leur réponds-je, mais il faudrait trouver un appât..."
& si l'appât c'était moi : un artiste en train d'artisser...

Il reste qq petites branches, donc tentation d'une ultime pygma (108), petite noire & blanche, un peu dissimulée dans les branches au bout du territoire. Ce sera "l'ultime lutine".
Puis je m'impreigne du crépuscule jusqu'au bout du nord-ouest & les derniers rayons viennent à travers les arbres illuminer la "madone protectrice". . .